Nus pour toujours

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Dans la peinture occidentale, le Nu est défini comme un genre, une figure académique.

C’est à la Renaissance qu’il fait son apparition dans les arts. Grâce, notamment, à Sandro Botticelli.
Non le genre « Nu » en tant que tel, qui ne sera reconnu qu’au début du XX ème siècle, mais la représentation du corps nu.

Si la Renaissance réhabilite le corps, pour en faire l’un de ses thèmes de prédilection, il s’agit cependant de celui, mythologique, des anciens.

Sa représentation reste assujettie à ce qu’elle fut dans la Grèce antique.

Avec la Renaissance, le Nu fait ainsi son entrée dans l’art occidental sans être vraiment là.

Ce n’est qu’au XIX ème siècle que le Nu devient radicalement et définitivement contemporain. Une révolution.

Les préceptes de la vieille moralité trouvent la clé des champs, et on les encourage à coups de pied bien placés.
Plus de détours, les artistes avancent à la rencontre de cette nudité dont la question a depuis si longtemps été éludée.

Le Nu n’a aujourd’hui plus de limites.

Toute la série des allégories ayant longtemps participé à rendre le sujet présentable n’a plus besoin d’être invoquée. Le Nu vient maintenant pour ce qu’il est, un exercice de dépouillement et de simplicité, à l’égal de tous les autres.
Il ne réclame aucune justification.

Un trait peut suffire à en caractériser le genre. Comme un principe. Lequel peut ensuite se parer de mille formes, mille couleurs, mille ornements qui n’annihilent pas sa nature sous-jacente essentielle.

Le Nu s’habille pour mieux se décliner.

Cette liberté gagnée est celle de l’artiste.  

Le Nu c’est en définitive nous-mêmes. Dans le sens où nous ne sommes pas pure abstraction dans ce monde que nous expérimentons, et que nous restons chacune et chacun le lieu d’un flot de représentations mythiques sur ce monde et sur nous-mêmes.

C’est ce même mouvement qui commença avec Homère quand, avec l’Odyssée d’Ulysse, il réalisa le recentrage du récit sur l’Homme et davantage que sur ses Dieux.

Tout depuis se rapproche de ce centre en s’efforçant de l’explorer. 

Le Nu peut ainsi se perdre et puis se ressaisir. Donner à voir ou suggérer. Jouer de ses propres canons. Il n’est plus livré qu’à sa seule nécessité.

Qu’il s’éparpille ou se condense, qu’on le perde ou le retrouve, son nom s’écrit « Esprit ».

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