Lumières du nord

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Le Nord n’est pas ce que le cliché en fait croire.

Il ne l’est plus.

Sur la « carte postale » négative, le Nord est :
– Triste
– Brique
– Bas du ciel
– Terre écrasée

Devant la vision du vrai Nord, du réel, mon œil a photographié :

– à l’automne : une terre de feux. Enflammée par des oranges qui infusent le ciel dans la terre.
Et vice-versa.

– à l’hiver : du sol, aux verts d’épaves, se dressent, en gardiens braves et solidaires, des troncs sombres, prêts à attraper tout clair de ciel qui passerait à portée.
Une assurance de renaissance au printemps suivant.

– à celui-ci, printemps toujours sûr, le grammage des verts est infini, impérieux.
Il va de l’imaginé à l’incroyable.

« Jamais vu ça » revient à chaque paysage.

Quand la petite pluie lustre les feuillages et que le soleil en tapinois se mire dedans.

Faisant d’un champ ordinaire une planète à facettes.

Dans le fondu enchainé liant l’hiver en finition au printemps, le soleil sourd de la terre en piscines d’or des champs de colza.

L’œil en revient fringant, vif, instillant une joie imprévue.

Le jaune est perché dans les horizons qui rapprochent ainsi le soleil, le déversant sur du vert. Encore lui. En soubassement de tout.

Les magnolias et la glycine ont pavé les trottoirs et les cours des maisons. Les tulipes transforment le sol en champs de pierres précieuses.

Éclats de rubis, tourmaline, émeraudes et opales, citrine douce, aventurine et turquoises sombres.

Nous admettons que la tulipe eût pu être source de ruines – sa beauté demeure. Comme le NORD l’affiche.

Et que vienne alors l’été !
Le Nord en devient un bouquet à ciel ouvert.

Le lilas des bordures inter-champs reste toujours une interrogation.
Des pivoines dont les douceurs poudrent les jardins.

Il est des beautés du Nord qui se revendiquent toutes seules.

Dans les soirs de ciels secs, nous avons l’indigo bleu des écharpes des Touaregs qui strate les nuages au ton lait-fraise enluminés par une larme de liqueur d’orange.

Il convient de les VOIR pour bien les REGARDER.

L’œil porte loin. J’aimerais, quelque fois, être un oiseau.

Les champs soignés comme des parcs.
Il y a des vergers au milieu des vergers.

La césure entre saisons rend chacune reconnaissable et finie. L’automne, l’hiver, le printemps, l’été, portent ici, dans le Nord, leur vrai nom.

La brique y est rouge puissant. Travaillée dans un esprit amoureux dont les ouvriers nous ont transmis les inventions et les tournures délicates.

S’éloignera alors la complainte d’un Nord :
– Triste
– Terne
– Brique
– Bas du ciel
– Terre écrasée

Laisser le NORD considéré comme un enfant inaimé est une injustice pour une terre de flamboyances à perte d’esprit.

Le NORD est un COUP DE FOUDRE.
PERMANENT.

Paysage III – 200×220 cm – Bladsczyck-Radziwill 2019

ZBR