L’ombre du nombre

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L’ombre du nombre
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Il n’y a pas si longtemps le philosophe nous expliquait de quoi était constitué l’univers et comment il « fonctionnait ».
Les sphères, les essences, les vertus, les affinités, entraient dans l’élaboration d’hypothèses qui, par la seule force de la parole, s’érigeaient en savoir.

La sagesse était indubitablement universelle, elle s’apprenait dans la fréquentation des hommes puis répandait sa lumière sur toutes les questions.

Depuis Galilée, le philosophe s’emploie à des sujets plus spécifiques à son domaine, laissant maintenant à ceux qu’on appelle « les scientifiques » le soin de découvrir les lois de la matière et celles de l’énergie, quitte à ce que ces lois ne soient plus « pensables » et ne soient plus explicables dans le langage commun.

Chacun sa spécialité.

La beauté quant à elle, à chaque époque, trouve son chemin.
On peut la rencontrer dans la conception d’un univers d’ombres et de sphères ayant pour centre la Terre et l’Homme, mais également dans une page de calculs modernes.

Le formalisme d’aujourd’hui n’éteint pas l’émotion. C’est peut-être que, au fond, s’exprime toujours un même désir.

Car, nos nouvelles connaissances et nos nouvelles méthodes réussissent-elles vraiment à nous changer ? On peut en douter.
L’univers technique change, mais nous ?

« La science manipule les choses et renonce à les habiter » écrivait Merleau-Ponty.

Parvenus à désincarner une partie de notre savoir, nous lutterons pour l’aimer d’une nouvelle façon ou pour, simplement, le comprendre.

AMP